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Les grèves reprennent en septembre 1936:

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L’Argus du Soissonnais du 05 septembre 1936

LE MOUVEMENT GREVISTE A SOISSONS

 La grève dite de solidarité tend à prendre une extension plus grande à Soissons et dans la région.

    Les usines Wolber ont cessé le travail vendredi à midi ; les Magasins Réunis n’ont pas ouvert vendredi matin ; le Palais du Vêtement a fermé vendredi, vers 10 heures ; les Fabriques de Reims sont restées ouvertes, malgré l’absence du personnel.

     Il est possible que d’autres maisons se trouvent atteintes par la grève aujourd’hui samedi.

     Signalons que cette grève de solidarité doit se terminer samedi soir, le travail reprenant normalement lundi matin. Le motif invoqué par les métallurgistes qui ont déclenchés le mouvement est, comme nous l’avons dit, le retard apporté à la signature du contrat collectif.

     Il est possible et même probable que cette signature soit donnée dès aujourd’hui samedi, l’accord étant près de se faire sur le pourcentage constituant l’écart entre les salaires de la région parisienne et ceux de notre région. Dans ces conditions tout laisse prévoir une fin rapide du conflit.

 

    Cependant la maison MELIN restera fermée, M. Edouard Mélin nous ayant fait parvenir la lettre suivante :

 

« Pour la seconde fois mes ouvriers ont été contraints, par la force, d’abandonner le travail.

     Malgré la bonne volonté de la plupart d’entre eux, ils ont dû céder sous la menace de bandes de meneurs venus des autres usines.

   La section commerciale, elle- même, et les bureaux ont été également, cette fois, l’objet de la sollicitude de ces messieurs.

  Mon domicile particulier est, lui-même surveillé.

  Devant cette situation, et bien que cela me crève le cœur, j’ai décidé de fermer complètement la Maison Mélin et de partir jusqu’à complet apaisement.

  Ne voyez pas là le geste d’un fuyard, mais l’impuissance d’un homme écoeuré qui se sent dans l’impossibilité de lutter seul contre mille, et qui abandonne la place pour ne plus voir journellement flotter au sommet de sa maison un drapeau* qui n’est pas celui de la France.

  Je souhaite que vous trouviez à vous approvisionner chez des confrères plus heureux que moi préservés de la grève. Et j’espère retrouver votre bonne clientèle à mon retour. Il ne serait pas juste, en effet, qu’un personnel aussi dévoué et consciencieux que celui que je tiens à votre disposition, soit la victime d’une faute qu’il n’a pas commise. »

Edouard MELIN

* D’après plusieurs témoignages : à l’époque, E. Mélin alla lui-même décrocher le drapeau cité ci-dessus pour le remplacer par le drapeau tricolore…

Remarque:  on perçoit la deception d'un Patron qui, malgré sa politique sociale, à l'impression d'être trahi par son personnel.

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